23-11-2009 | Mise à jour: 15:50 Une société de monétarisation du web dont le nom a été suffisamment cité ces derniers jours, a créé le buzz ce week-end du 15 novembre. En annonçant par voies télévisées plusieurs jours à l’avance l’opération publicitaire programmée samedi 14 novembre, la société a attiré près de 5000 personnes près de la tour Eiffel. 5000 personnes fermement décidées à croire à la pluie d’or évoquée sur toutes les ondes. Car l’efficacité du coup médiatique reposait sur la couleur de la promesse : distribution d’argent à la foule, sous forme de bourses (5000 au total) contenant chacune entre 5 et 500 euros. La pluie d’or annulée le jour même en raison de la tournure jeux du cirque que prenait l’évènement, s’est achevée en jets de légumes contre les vitrines du quartier. Un véhicule retourné. Déplacement des forces de l’ordre.
Au-delà du caractère dangereux que revêtait l’opération, dangerosité dont les organisateurs étaient tout à fait conscients puisque avant le jour J l’éventualité d’une annulation avait été évoquée lors de chaque reportage télévisé, on peut s’interroger sur la moralité du procédé.
D’un point de vue strictement publicitaire l’annonceur n’a pas tenu ses promesses. Et savait probablement qu’il ne les tiendrait pas. Il a profité du buzz télévisé, on peut même dire qu’il a détourné à des fins promotionnelles les reportages qui annonçaient l’opération, tout en supputant fortement qu’elle ne pourrait pas être conduite à terme. Une bonne façon de se faire un joli petit pactole publicitaire sur le dos entre autres des canaux grand public.
D’un point de vue moral, que dire sur le sens d’un tel procédé ? L’opération était censée illustrer l’activité de l’annonceur, à savoir faire du cashback (c'est-à -dire convertir en « cash » le trafic rémunérateur de l’internaute) en termes intelligibles, tangibles et spectaculaires : distribution aléatoire de « cash », pour employer l’anglicisme à la mode. Pas exactement de la loterie, puisque il n’y a pas de jeu. Pas exactement de la pub, puisqu’on ne vous vend pas une promesse commerciale mais on vous donne réellement de l’argent. L’annonceur passe pour un Robin des Bois du net, un Merlin l’Enchanteur du pavé parisien en surfant sur le contexte de crise économique.
Récemment, certains ont distribué du lait pour se faire entendre. Afin de sensibiliser leurs concitoyens à leur cause politique, à leurs réelles difficultés économiques. D’autres des fruits. Toujours pour les mêmes raisons.
Désormais c’est distribution de cash. Pour rien. Pour la beauté du geste.
À propos du geste, se méfier du backlash. En français ça pourrait se traduire par retour de manivelle. Car le ministère de l’Intérieur aurait l’intention de déposer plainte contre la société en question. Celle-ci n'aurait d'ailleurs pas remis en cause son opération de distribution pécuniaire. Gageons qu'elle convertira ses enveloppes en pièces de chocolat.
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