Régionales : un gros défaut d’a(bs)ttention 15-03-2010 | Mise à jour: 10:28 Un taux de participation nationale catastrophiquement bas pour les votes en faveur des présidents de région dimanche 14 mars. Avec un record de 53 % d’abstention, une indifférence affichée pour la formation centriste orange et le come-back décidément fringant de vieilles gloires, le second tour des élections prévu dimanche 21 mars promet au moins un beau suspense politique.
En milieu de matinée, le bureau de vote du Fort d’Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine présentait une activité humaine quasi nulle. En dépit de la météo peu propice aux joies du plein air, pas d’électeurs, pas de file d’attente devant la machine à avaler les votes. Une ambiance de fin du monde finalement confirmée par les estimations du taux d’abstention national communiqué en fin de journée : seuls 47 % des citoyens attendus devant les urnes ont daigné faire un effort électoral sur ce premier tour de chauffe.
Au plan national, c’est le Parti socialiste avec 30 % des votes qui semble bénéficier des travaux de ravalement conduits par sa secrétaire Martine Aubry depuis quelques mois. La formation UMP talonne le tenant du titre régional (l’ensemble des régions à l’exception de la Corse et de l’Alsace est socialiste depuis 2004) avec 26,7 % des électeurs. Surfant sur la vague du succès des Européennes, Europe écologie se place en troisième position avec un score de 12,3%, suivi au coude-à -coude par le Front national, ressuscité semble-t-il d’entre les morts. Sous la barre des 5 %, le Modem confirme son inexorable glissade.
Dans le détail, l’échiquier des régions reflète quelques stratégies réussies. La présidente sortante de Poitou-Charentes Ségolène Royal caracole dix points au-dessus de la moyenne nationale de son parti, en comptabilisant en l’occurrence 39 % des voix pour sa liste. Peut-être grâce à son retrait prudent de la scène nationale depuis le début de la campagne. Du côté méditerranéen au contraire, c’est la stratégie inverse qui a payé : le dinosaure Frêche (Languedoc-Roussillon) écrase sa concurrente PS-orthodoxe Hélène Mandroux à 35,2 % (contre 7%). Comme quoi jouer la carte de la provocation a toujours été une attitude payante, surtout pour les candidats masculins. En Ile-de-France Valérie Pécresse réussit à dépasser Jean-Paul Huchon avec 30 % des suffrages, même si sa faible avance ne présage pas une victoire pour le second tour. Rien n’interdit d’ailleurs de penser qu’une autre tête de liste féminine UMP, moins blonde et davantage populaire dans tous les sens du terme, aurait pu marquer plus de points face au socialiste sortant.
Les formations ont jusqu’à mardi 18 heures pour peaufiner leur liste de mariage selon affinités, en vue du second tour. Quelque chose de neuf, en l’occurrence quelque chose de vert, s’impose définitivement dans l’espace politique pour prétendre au bonheur électoral. Le succès de la formation Europe écologie est bien la confirmation qu’au plan régional notamment, l’écologie ne fait plus peur. En revanche quelque chose de vieux, en la personne du leader de Front national dont le score moyen dépasse de nouveau les 10 %, refait désagréablement surface pour participer à la fête.
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