Parmentier et le vaccin contre la grippe A 25-11-2009 | Mise à jour: 16:53 À la mi-novembre, 80 % des Français énonçaient au cours des sondages une nette réticence à l’idée de passer à la piqure : le vaccin contre la grippe A loin de remporter le succès qu’on aurait pu lui prédire lorsque le virus H1N1 a commencé à faire parler de lui, effraie la grande majorité des citoyens sondés. Après le peu d’enthousiasme dont a fait preuve le personnel médical, tout le monde s’interroge sur le bien-fondé de la campagne. On peut d’ailleurs comprendre que la longue liste d’effets indésirables générés par la vaccination fasse passer la décision vaccinale pour un harakiri sanitaire : dilemme ! Soit la grippe, soit vaccin avec au choix, cocher la case désirée, réaction allergique, douleurs musculaires, syndrome Guillain-Barré… Roselyne Bachot a retroussé ses manches devant toutes les caméras nationales afin de donner l’exemple. La manÅ“uvre a seulement confirmé que face à la seringue, les femmes sont plus courageuses que les hommes. En attendant, les centres de vaccination, vastes, élégamment éclairés au néon et équipés de barrières anti-émeute, sont toujours moins visités que les cabinets de médecin.
Il reste bien une solution de communication dite « à la Parmentier ». Avant l’extraordinaire coup de génie évènementiel du célèbre pharmacien Antoine Augustin Parmentier, la patate, en tant que plante apparentée à la belladone et dont les rédacteurs bibliques avait omis de signaler l’existence, faisait peur. À l’exception des cochons, personne ne voulait en consommer. L’expert de la patate (auteur d’un "Ouvrage économique sur la pomme de terre, le froment et le riz et de Recherches sur les végétaux nourrissants qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires, avec de nouvelles observations sur la culture des pommes de terre") eu alors l’idée d’offrir des fleurs de pomme de terre à Louis XVI. Puis de procéder à la circonscription militaire d’un champ de quelques hectares de la tubercule honnie à Neuilly, pour en défendre l’accès. Résultat escompté, ce qui est bien gardé fait envie, les voleurs de patates ont donc répandu l’information. La patate devenue bonne à manger, pouvait désormais lutter contre la disette.
À envisager une campagne de vaccination loin des cabinets médicaux et des médecins de famille, un peu trop affranchie d’une certaine relation de confiance patient/médecin, le gouvernement s’est exposé à une réaction de méfiance voire de défiance envers les mesures de vaccination. Peut-être fallait-il concevoir une campagne sanitaire moins protocolaire ? Plus humaine ?
Ou organiser les choses sur un mode davantage évènementiel. Notamment la vaccination du ministre de la Santé. Qui aurait pu se dérouler à Neuilly. Hors caméras. Lors d’un concert de Prince pour la jet-set parisienne. Au milieu de militaires défendant l’accès aux doses de vaccin distribuées aux peoples du moment. « À la Parmentier » quoi !
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