Loi ou pas contre la burqa? 26-01-2010 | Mise à jour: 11:14 Au moment où la mission parlementaire remet son rapport au président de l’Assemblée nationale, le débat sur la burqa amorcé depuis l’été 2009 aborde un nouveau tournant. L’éventualité d’un projet de loi, annoncée en décembre par Jean François Copé a bien sûr influencé le travail de la mission dirigée par André Guérin (député PCF), et accentué les termes de la problématique laïque et féministe. Du coup le rapport remis à Bernard Accoyer, fournit aux parlementaires un ensemble de préconisations ainsi qu’une offre de dispositions législatives visant à interdire l’usage du voile intégral dans les lieux publics. Le débat porte désormais sur la nécessité du recours à la loi.
Une loi ou non ? Selon un sondage publié dans Le Parisien du lundi 25 janvier, 65 % des Français y sont favorables. Mais on imagine la difficulté de légiférer en la matière. Comment définir l’espace public, comment définir le délit, et comment appliquer la loi ? Et d’ailleurs qui s’agit-il de protéger ? Les femmes portant la burqa ou les personnes amenées à côtoyer leur silhouette fantasmagorique ?
Le même sondage révèle que seuls 18 % des sondés rencontrent « régulièrement » (c’est-à -dire plus d’une fois par semaine) une femme intégralement voilée, la majorité (38 %) déclarant n’en croiser que de temps en temps (c’est-à -dire plus d’une fois par mois). Un tel décalage entre le nombre de personnes favorables à une loi et le nombre de sondés amenés à voir des femmes voilées au quotidien, est sans doute davantage révélateur des sentiments des Français face à la burqa que de leur position au sujet d’un recours législatif. 56 % d’entre eux se déclarent en effet « révoltés » lorsqu’ils croisent une femme intégralement couverte par le vêtement islamiste. Mais l’estimation effectuée par le ministère de l’Intérieur cet été laisse songeur : 2000 femmes, c’est très peu, porteraient la burqa en France.
Bien évidemment concevoir une loi afin de « dévoiler » 2000 personnes paraît un tantinet excessif, voire contre-productif. Outre le fait que la loi risque de stigmatiser la communauté musulmane, elle peut aussi renforcer l’attrait de la burqa auprès de jeunes croyants en mal d’engagement. On sait que parmi les raisons qui poussent les volontaires à se voiler, toutes ne sont pas religieuses. Le fait de choisir le voile intégral dans une société qui ne l’impose pas, ressortit à des motivations davantage identitaires (psychologiques, sociales…) que dogmatiques.
Qui protéger ? L’espace laïc ? Les volontaires à l’auto-stigmatisation ? La communauté musulmane ? L’image de la femme ? Les personnes sidérées par la vision d’un être littéralement grillagé ? Par sûr que la loi nous l’indique.
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Pour plus d’informations lire "La République ou la burqa", de Dounia et Lylia Bouzar, Albin Michel.
Sondage réalisé par GN Research.
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