Accueil
     Économie de Proximité      | Société      |    Politique   |     Monde    |     Environnement    |     Culture
     Abonnement Presse    |     Communiqué Gratuit    |     Boutique        


Actualités de société.

La Faute-sur-mer : réactions en chaîne

Elodie Dusseaux
19-04-2010 | Mise à jour: 17:19


Ce dimanche entre la Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer, une chaîne humaine a tenté d’attirer l’attention sur le purgatoire que traversent les habitants du littoral. Un symbole fort destiné à pallier le défaut de dialogue entre les sinistrés de Charente-Maritime et de Vendée et les pouvoirs publics suite au plan de zonage.

Après le passage de la tempête Xynthia en Vendée et Charente-Maritime, les communes de l’Aiguillon-sur-Mer et la Faute-sur-Mer ont dû affronter un autre type de catastrophe. Le verdict rendu par les pouvoirs publics sur les zones à risques et les mesures destinées à empêcher la réitération d’un désastre comparable à celui du 28 février, ressemble fort à un jugement dernier, en moins équitable. D’un côté la délimitation des zones noires (dont relèveraient au total 915 habitations en Vendée et 595 en Charente-Maritime) voue impitoyablement tout un ensemble de propriétés à la destruction. De l’autre les zones jaunes estimées à risque mais non dangereuses, à condition que leur sauvegarde soit assortie de mesures de protection. Ce second groupe englobe des propriétés pourtant contigües à celles situées en zones noires.

Le problème est que la délimitation des zones a revêtu des allures de tribunal à la Lewis Carrol, Alice en moins. De nombreux habitants dont la propriété a été faiblement inondée et sans que leur vie ait été mise en danger, s’entendent signifier une affectation en zone noire. Les voix de propriétaires dont la maison n’a pas du tout été atteinte par les eaux s’élèvent afin de pointer l’injustice et l’incohérence de la grille de démolition, pourtant établie par des ingénieurs et des techniciens de l’Équipement d’après des images satellitaires prises pendant la tempête. De fait, les sinistrés qui contestent le plan se plaignent que celui-ci ait été tracé sans que ses concepteurs se soient rendus sur les lieux. D’où le sentiment d’incompréhension des sinistrés face à l’arbitrage étatique, qui paraît d’autant plus injuste que la question des digues est éludée.

Le maire de la Faute-sur-Mer quant à lui, tient à mettre les choses à plat en regard du faible potentiel de représentation des chiffres : si toutes les habitations affectées en zone noire sont effectivement rasées, c’est sa commune elle-même qui disparaît de la carte, purement et simplement. Un drame social au-delà de la somme des drames individuels engendrés par la catastrophe et le plan de zonage qui lui fait suite. La chaîne formée ce week-end entre les deux villes a donc le mérite de rappeler l’importance du chainon humain dans toute entreprise de protection des populations.

pub
 



site de rencontre