Grippe A : les Français ont eu leur dose ! 06-01-2010 | Mise à jour: 18:10 94 millions de doses de vaccins contre le virus H1N1 ont été achetées par la France. Au lendemain des fêtes de fin d’année, le montant de la facture, c’est-à -dire près de 869 millions d'euros, s’affiche à toutes les unes des journaux et des magazines d’information télévisés, comme une grosse dinde farcie dont on regrette hélas trop tard l’achat. La pandémie, redoutée, analysée, simulée depuis le printemps 2009, est désormais derrière nous. Mais les Français, qui en ont mangé jusqu’à l’écÅ“urement, doivent encore affronter la phase digestive, peut-être la pire, la polémique post-pandémique.
Pour autant le chiffre de la dépense, 869 millions d'euros, pour extraordinaire qu’il soit, est-il vraiment choquant.Peut-on reprocher au ministère de la Santé et des Sports d’avoir vu trop grand pour commander les vaccins .Non.
En revanche le bilan de l’action sanitaire, comparé au bruit dont a fait l’objet la campagne vaccinale, est loin de s’annoncer glorieux. Si l’on en croit les estimations du taux de vaccinations, en France moins de 10 % de la population ont été vaccinés. Beaucoup de bruit pour un des taux les plus faibles d’Europe. Il faut dire que pour ceux qui l’ont tentée, l’aventure vaccinale s’est révélée très différente des images idylliques du spot gouvernemental.
Depuis la déclaration de guerre anti-grippale au printemps dernier, les Français ont été maintenus en alerte. Ils ont eu à affronter de nombreux dilemmes.
Fallait-il porter oui ou non des masques .Fallait-il oui ou non échanger ses cigarettes contre du Tamiflu au marché noir .En cas de symptômes grippaux fallait-il se précipiter chez son médecin, faire un test, courir à l’hôpital le plus proche, ou contacter les pompes funèbres. Enfin fallait-il se faire vacciner, et si oui, par qui .En combien de fois ?
Quand le Français a succombé à tant d’images alarmantes, et qu’il a jugé prudent d’adhérer au principe de précaution, encore lui fallait-il obtenir le fameux bon pour la piqure ! Car sans bon, pas d’injection ! Mais qui peut témoigner avoir reçu le laisser passer. Qui sait d’ailleurs quand la Sécurité sociale aura soldé son planning d’envoi. Peut-être faudrait-il prévenir nos descendants qu’en juillet 2060, la dernière fournée d’enveloppes atteindra nos boites en lettres.
Cependant nonobstant le spectre du Guillain-Barré, et malgré l’absence de bon, le courageux candidat à l’injection (une ou deux ?), qui a définitivement renoncé à l’espoir de se faire piquer par son médecin traitant, s’est mis en quête d’un centre de vaccination. Ouvert. Centre de vaccination et accueil du public : apparemment deux concepts qui ont mis du temps à s’harmoniser. Lorsqu’enfin le futur vacciné a atteint les portes du centre, il lui a encore fallu affronter un cerbère suspicieux. Avait-il une bonne raison de réclamer le vaccin lui a-t-on demandé . Pouvait-il apporter la preuve d’une quelconque pathologie motivant son désir de se faire vacciner . Enfin son questionnaire de santé a été examiné par un membre du corps médical âgé de plus de 80 ans et dûment visé. Au terme de son parcours koh-lantesque, il ne restait plus à notre candidat que la perspective de quelques heures de queue à effectuer. En espérant ne pas contracter le virus dans la file d’attente.
Finalement la pandémie a fait rage dans les rédactions. Soulevé une tempête de questions. Mais le Français ignore encore s’il a eu la fameuse grippe. Il sait cependant qu’il est vacciné contre la polémique.
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