Georges Frêche et ses dérapages : Martine Aubry fait le ménage 01-02-2010 | Mise à jour: 14:25 Le président de la région Languedoc-Roussillon depuis 2004, candidat à sa succession, démarre sa campagne bruyamment. Alors que Martine Aubry a appelé à une disqualification de Georges Frêche au profit d’un ralliement à la maire PS de Montpellier Hélène Mandroux, l’ancien maire de la ville table toujours sur le politiquement incorrect pour remporter l’adhésion de ses électeurs. Laurent Fabius renonce à porter plainte.
Il y a quelques semaines (décembre 2009) un sondage LH2 pour France Bleu et le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) révélait un classement des présidents de région les plus populaires : Ségolène Royal, élue de Poitou-Charentes arrivait en tête des présidents les plus spontanément citées par ses électeurs régionaux, suivie de près par Georges Frêche, élu du Languedoc-Roussillon depuis 2004. Il faut dire que l’actuel président de région, député de l’Hérault à plusieurs reprises, et maire de Montpellier de 1977 à 2004, a un style de campagne tout personnel. La semaine dernière, c’est sa sortie sur la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius, candidat à la région Haute-Normandie, qui lui a opportunément valu de revenir sur le devant de la scène électorale nationale.
Georges Frêche n’en est pas « à son premier dérapage » selon Laurent Fabius qui s’exprimait ce matin sur RTL. Il abuse même de la conduite sportive en multipliant les déclarations polémiques voire scandaleuses : insinuant que les policiers français étaient à l’origine de certains incendies de voitures en 2005, qualifiant les représentants des Harkis montpelliérains ralliés à l’UMP de « sous-hommes » en 2006, déplorant le trop grand nombre de footballeurs noirs dans l’ équipe nationale la même année, le président de région a été finalement sanctionné par une exclusion de son parti en 2007. Plus socialiste mais pas pour autant biffé, loin d’être une pièce négligeable sur l’échiquier des régions, Georges Frêche n’a pas perdu ses cordes vocales. De plus son exclusion ne règle pas le problème de sa succession, compromise par sa popularité régionale et son omniprésence dans l’économie locale. En guise de lancement de la campagne, Martine Aubry s’est en fin de compte prononcée ce week-end pour une condamnation plus nette de l’ex-candidat PS, en invitant les électeurs languedociens à voter pour une liste conduite par le maire montpelliérain socialiste Hélène Mandroux. Quitte à perdre la région. Face au risque de défaite, les appelés au renfort électoral ne sont pas pressés de se rallier à la cause socialiste. Europe Écologie notamment pointe le laxisme du parti socialiste dans l’affaire Frêche, en l’accusant d’avoir pratiqué la politique de l’autruche.
Si ce matin Laurent Fabius déclare ne pas avoir l’intention de porter plainte, il ne fait pas montre d’un grand empressement à adhérer aux explications linguistiques que Georges Frêche lui auraient adressées par lettre. Dans sa missive Georges Frêche, qui se défend de produire des excuses, argue que « la tronche pas catholique » ne renvoie pas aux origines juives de Laurent Fabius mais constitue une figure de style abondamment employée et largement comprise par les francophones. Georges Frêche malgré sa longue carrière politique et une culture tout universitaire, serait-il du genre à produire des polémiques à l’insu de son plein gré ?
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