Frêche : menace de tempête en Languedoc-Roussillon 02-02-2010 | Mise à jour: 12:12 Alors que le bureau national du PS doit confirmer ce soir la candidature d’Hélène Mandroux à la présidence de la région Languedoc-Roussillon, le président sortant George Frêche, exclu de son parti depuis 2007, menace de porter plainte si les candidats qui lui sont fidèles sont écartés de la liste électorale.
L’ancien maire de Montpellier a toujours le chic pour faire tache en provoquant des polémiques qui débordent largement du cadre politique régional. Jusqu’à présent sa conception limite du franc-parler n’avait que peu entamé sa popularité en Languedoc-Roussillon. Maire de Montpellier pendant 25 ans, député de l’Hérault sur plusieurs mandats, président de la région depuis 2004, président de la communauté d’agglomération de Montpellier (31 communes dont n’ont pas souhaité faire partie certaines villes du littoral), le socialiste a fondé sa gouvernance sur une connaissance précise du terrain historique et social montpelliérain, notamment en pariant sur la communauté pied-noir, une des plus importante de France, et en appliquant une stratégie de développement urbain impressionnante. Montpellier se targue d’avoir connu plusieurs aménagements novateurs parmi lesquels le complexe architectural d’habitations et de commerces Antigone, la zone du Millénaire, le tramway de centre ville, le Corum (dédié entre autres à l’opéra), la piscine olympique… C’est dire que Georges Frêche est le pachyderme régional, à ce point incontournable que nombreux sont ceux qui lui reprochent son hégémonie politique, économique et sociale. Si son exclusion du parti socialiste en 2007 suite à sa sortie sur l’équipe nationale de football n’a pas altéré sa cote locale, il semblerait que sa récente réplique précisément pas très catholique sur Laurent Fabius ait eu un effet boomerang assez fâcheux à la veille des élections régionales. Martine Aubry a appelé à la constitution d’une liste alternative, que le Parti socialiste validera ou invalidera ce soir. Mais Georges Frêche menace ce matin de porter plainte contre son ancien parti si celui-ci conteste la liste dûment approuvée par la convention.
Le pachyderme devra-t-il rejoindre la galerie des mammouths pour avoir trop négligé les vertus de la réflexion pré-locutoire (en d’autres termes mettre en application le vieil adage qui consiste à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer) ? Frêche de fait s’est déjà défendu en expliquant d’une certaine façon son problème discursif : « orateur » de l’âge de glace, à qui plusieurs phrases sont nécessaires pour produire un discours acceptable, dont aucune phrase ne doit être isolée de son contexte d’énonciation pour être justement entendue.
Autre victime de l’âge médiatique, l’UMP Francis Delattre a présenté lors d’un meeting à son auditoire son adversaire PS Ali Soumaré (tête de liste du Val-d’Oise) sous un angle curieusement comparatif : « J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un joueur de l’équipe réserve du PSG ». On recommande le même remède, gymnastique linguale.
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