La Faute-sur-Mer fait front face à la double peine 12-04-2010 | Mise à jour: 15:50 Dimanche 11 avril, les sinistrés de la Faute-sur-Mer se sont réunis pour établir une stratégie de défense face à la perspective de démolition de leurs habitations. La petite commune de Charente-Maritime durement frappée par la tempête du 28 février, conteste notamment la radicalité des mesures prises par les pouvoirs publics à partir du plan de zonage.
400 personnes se sont rassemblées dimanche 11 avril à La Faute-sur-Mer, une des deux communes les plus atteintes par la tempête Xynthia, afin de définir une stratégie commune de défense. La réunion, dirigée conjointement par Maître Hervé Cassara (délégué du cabinet de Corine Lepage) et le fondateur de l’Avif (l'Association des victimes des inondations fautaises qui a enregistré 200 adhésions ce dimanche) Xavier Machuron-Mandart, avait pour objectif de préparer les victimes de la tempête au recours contre les mesures de démolition envisagées par les préfectures de Charente-Maritime et de Vendée. Présenter un front commun face aux pouvoirs publics, alors que le plan de zonage prend des allures de razzia, et que le laxisme de certains élus en matière d’urbanisation a été pointé par la presse. Le plan de zonage est donc encaissé comme une injustice supplémentaire après les ravages de la catastrophe naturelle.
Au cœur du débat, la délimitation de la « zone noire », c’est-à -dire la zone sur laquelle la démolition des habitations est requise à court terme afin d’empêcher tous risques causés par une nouvelle catastrophe sur un périmètre dangereux. Les chiffres sont saisissants. Sur la commune d’Aytré, il s’agirait de 40 habitations, 150 habitations sur celle de Charron condamnées à disparaître, 915 maisons sur l'Aiguillon-sur-Mer et la Faute-sur-Mer: en tout plus de 1500 logements sont vouées à la destruction. La perspective pour des centaines de propriétaires de voir leur bien réduit à rien. Mais aussi le sentiment pour les habitants de ce littoral d’avoir à tout reconstruire. Une sorte de double peine.
En abandonnant leur domicile, les victimes de la tempête se sentent chassés de chez eux, de l’endroit où ils ont investi non seulement de l’argent mais surtout un projet de vie. Le plan de zonage tel qu’annoncé par le préfet Jean-Jacques Brot résonne purement et simplement comme une expropriation, d’autant plus injuste que le plan épargne çà et là certaines personnes pour des motifs inexpliqués au sens propre du terme. Les victimes dont la propriété se trouve en zone noire, ne comprennent pas pourquoi leur voisin peut échapper au sort de la démolition.
À la Faute-sur-mer, le mot d’ordre était donc de jouer collectif afin de désamorcer la division au sein du groupe de victimes. La réunion au-delà de son rôle informatif, visait le tri entre le choix de procédures collectives ou le lancement de recours individuels. Maître Cassara a prévenu l’assemblée, l’ensemble de l’action pourra s’étaler sur des années voire une décennie si la Cour européenne est saisie.
Par ailleurs ce week-end Dominique Bussereau président du Conseil général de la Charente-Maritime et secrétaire d'État aux Transports, s’est prononcé pour l’assouplissement du plan de démolition, à tout le moins pour une analyse moins rapide des dossiers. Tout en rappelant que la sécurité des personnes devait rester en premier plan, Dominique Bussereau enjoint l’État à entamer un dialogue avec les élus locaux et surtout les victimes.
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