Le chiffre : 27 % d'écart 06-11-2009 | Mise à jour: 09:10 Un quota de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises, voilà la proposition de Jean-François Copé, patron des députés UMP, pour améliorer la parité femme/homme dans le monde du travail. Le chantier « parité », vise en premier lieu les inégalités de traitements salariaux entre les femmes et leurs collègues masculins : on évoque le chiffre pour le moins choquant de 27 % de différence entre les appointements des deux sexes[1]. Une loi contraignant certaines catégories d’entreprises, en l’occurrence les plus grandes, à recruter pour leur conseil d’administration un minimum de 40 % de femmes, devrait modifier significativement la politique des salaires. Même si le ministre du Travail Xavier Darcos n’adhère pas entièrement à la proposition, le débat est relancé. L’idée est que plus de femmes aux commandes stratégiques impulserait un rééquilibrage des deux sexes. Certes, mais la question des moyens auxquels l’État doit recourir pour établir la parité dans les hauts-lieux de l’économie reste entière. Le système des quotas est bien efficace, mais sa légitimité morale est toujours sujette à caution, quelles que soient les catégories de personnes qu’il vise à défendre. On est finalement jamais certain que la personne recrutée accède au poste grâce à ses compétences et non en raison de son profil dit minoritaire (sexe, couleur de peau, origine sociale…).
Inversement, bien que la discrimination à l’embauche soit interdite, dans les faits de nombreux secteurs professionnels restent hors d’atteinte des minorités visibles ou invisibles, car de nombreux recruteurs ou entreprises pratiquent un barrage impossible à dénoncer. La loi paraît alors tout indiquée pour pallier les injustices et contraindre les entreprises à respecter la morale paritaire.
Le chiffre de l’écart, 27 %, à y regarder de plus près n’est pas si choquant. Surtout lorsqu’on chausse les fameuses lunettes de Freud. Après tout, dans les années 50, il montait à 50 % ! Mais il semblerait qu’il ne soit plus amené à diminuer, et c’est là que réside le caractère scandaleux du phénomène. L’écart ne se réduit plus depuis le milieu des années 90. Comme si on avait atteint une limite. Mes braves dames, le progrès est déjà formidable, mais de là à envisager une égalité complète, faut pas rêver !!!
L’écart entre les sexes se creuse encore si l’on étudie les différences de salaires dans les niveaux de formation élevés : 32 % entre les diplômés féminins et masculins de 2e ou 3e cycle ! Oui ma fille, tu peux faire des études poussées… mais sache que tu auras beau gagner plus que ton amie bachelière, tu gagneras toujours beaucoup moins que tes collègues masculins !
Le défenseur de la féminité évanescente ou pigeonnante dira : mais le combat des femmes pour l’autonomie financière a été gagné. Elles ont régulièrement progressé dans leur conquête du marché du travail, la preuve, elles composent 47 % des effectifs recensés ! C’est pas la parité ça madame ?
D’accord. Continuons la démonstration chiffrée.
Les hommes ne touchent que 62 % du montant de la retraite moyenne des femmes.
Les hommes occupent 83 % des postes à temps partiel.
Deux tiers des bas salaires sont ceux des hommes alors qu’ils effectuent 65 % du travail domestique.
L’emploi le plus fréquemment occupé par les hommes est agent d’entretien.
Les hommes réussissent mieux à l’école, mais ne représentent que 17,2 % des dirigeants de société. 82,8 % des chefs d’entreprises sont donc des femmes.
C’est choquant non ?
Tous les chiffres de cette petite démonstration sont exacts, mais ont été inversés. Cette catégorie d'employés particulièrement discriminée, est bien celle des femmes. N’oublions pas que la population féminine constitue finalement la première minorité visible.
Alors retitrons notre article afin de conserver toute notre capacité d’indignation :
Salaire masculin : pour 27 % inférieur à celui de la femme.
[1] Tous les chiffres de cet article sont tirés du rapport de Brigitte GRESY (membre de l’Inspection générale des affaires sociales), titré "Rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes" rendu en juillet 2009, consultable à l’adresse suivante : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000313/0000.pdf
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