La journée mondiale contre … 09-12-2009 | Mise à jour: 16:52 À force d’être sollicité par les journées à thème et autres célébrations qui émaillent les titres des médias et participent à leur prospérité tout au long de l’année, le citoyen est curieux de mettre le nez dans le fameux calendrier international, afin de passer en revue l’intégralité des causes morales, caritatives et sociales auxquelles il est incité à réfléchir, voire qu’il est invité à soutenir. Il est alors frappé par la vacuité de certains intitulés. Personne ne songera à contester le bien fondé de la journée de la femme le 8 mars, ou bien la nécessité d’une journée mondiale de la paix le 21 septembre. Mais comment aborder le concept promu par la journée de la tolérance ? Qu’est-ce que la tolérance ? S’il s’agit de garder votre calme lorsque votre fille renverse pour la troisième fois du repas son verre de soda sur la nappe immaculée de sa grand-mère, oui, on peut parler d’un concept intelligible, qui relève cependant davantage d’un dispositif individuel de lutte contre le stress, que d’une haute valeur morale. Car prôner la tolérance finalement, spécialement dans le cadre de la politique internationale, c’est revenir à nier l’égalité des hommes, des peuples, des cultures et des religions, déjà établie de fait par la Déclaration mondiale des droits de l’homme, en concédant à celui qui tolère une position dominante.
Pire : à quoi, ou à qui, sert la journée mondiale de la douane, organisée par l’Organisation mondiale des douanes le 26 janvier ? Et la journée mondiale des adjointes administratives et des secrétaires, sinon à rabaisser une catégorie professionnelle déjà quelque peu dévaluée ? Faut-il s’interroger sur l’utilité d’une journée mondiale de la photographie au sténopé, qui pourtant est promue sur quelques continents le 26 avril ? Courrons-nous à la guerre civile si la journée nationale du fromage est supprimée le 28 mars ? Enfin sans vouloir remettre en cause l’intérêt gustatif de la semoule de blé, ni entrer dans le débat Italiens Vs Chinois, à qui profite la célébration des pâtes le 26 octobre ?
Que dire de la journée Internationale de la radio et de la télévision en faveur des enfants le 8 décembre ? Ne serait-il pas préférable de déplacer la journée mondiale du conte pour l’y substituer ? Ou la remplacer carrément par une journée mondiale de suppression des écrans télévisés pour tous les enfants (qui présentera l’avantage de faire une grosse économie de carbone) ? Le citoyen étonné découvre encore un intitulé captieux : la journée européenne de l’enfant à naître, périphrase destinée à promouvoir la lutte contre l’avortement ! Autant rayer alors du calendrier la journée mondiale de la contraception du 26 septembre, qui se situe pourtant au cœur de diverses questions de santé et de morale.
Mais toutes les célébrations ne sont pas inutiles. Le citoyen approuve l’initiative de l’Unicef qui a mis en place une journée mondiale du lavage des mains le 15 octobre, à point nommé lorsqu’il songe à l’épidémie de grippe.
Ou encore la journée mondiale contre le Sida dont la célébration intervient ce 1er décembre. Rappelons que le HIV partage avec la grippe et le paludisme les premières places sur le podium des causes de mortalité dans le monde. Et que la lutte contre l’épidémie, en dehors des aspects préventifs, ne peut passer que par un financement efficace de la recherche (fondamentale et clinique) en faveur des traitements et des vaccins.
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