Accueil
     Économie de Proximité      | Société      |    Politique   |     Monde    |     Environnement    |     Culture
     Abonnement Presse    |     Communiqué Gratuit    |     Boutique        


Actualité : environnement

Sale temps pour les thons!

Elodie Dusseaux
12-01-2010 | Mise à jour: 12:39


Ménager le thon et le Nippon, sans provoquer de tempête chez les pêcheurs, voilà le défi environnemental et économique auquel doit faire face Matignon avant mercredi. La France doit en effet indiquer à la Commission européenne son avis sur l’éventuelle inscription du thon rouge à la liste des espèces menacées de la CITES. La décision française pourrait marquer le début de l’engagement européen en faveur de la préservation du poisson méditerranéen.


La CITES (La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages) a pour vocation de préserver les espèces menacées en réglementant au plan international leur commerce. Si le thon rouge est inscrit à la liste Annexe I de la Convention, sa commercialisation internationale sera interdite. En revanche si le poisson est classé en Annexe II, les pays non membres de l’UE auront toujours la possibilité d’en pratiquer la pêche industrielle. La position de la France sur le sujet déterminera le vote de l’Union européenne en mars prochain à la réunion de la CITES au Qatar.
Le thon rouge, espèce typiquement méditerranéenne, a vu sa population selon les estimations de l’ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique) diminuer de 15 % depuis la pratique de la pêche industrielle. La principauté de Monaco qui soutient l’inscription de l’espèce à la liste I, a évalué quant à elle à deux tiers la diminution des stocks en Méditerranée de 1957 à 2007. Actuellement 80 % de la prise thonière méditerranéenne sont vendus au Japon pour finir en sushis. Le poisson est y tellement apprécié que récemment le prix de vente d’un thon de 232 kilos a atteint le montant de 122.000 euros sur le marché de Tokyo.

La présidente de WWF-France, la navigatrice Isabelle Autissier, a officiellement demandé à la France de se prononcer en faveur de la protection du thon rouge. Elle estime qu’un classement en Annexe I est la seule mesure capable de permettre à l’espèce de renouveler sa population, et à long terme de sauver la pêche côtière artisanale traditionnelle. La tribune de la présidente du WWF-France dans le JDD de ce week-end, a provoqué l’ire du Comité national des pêches maritimes, qui a qualifié de « phantasmes écologiques » la position des ONG environnementales.

Phantasme ou pas, le thon rouge est à long terme destiné à jouer les fantômes dans nos assiettes si son prix continue à grimper.

pub
 



site de rencontre