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Actualité : environnement

Copenhague : la honte du Père Noël

Elodie Dusseaux
21-12-2009 | Mise à jour: 18:18


Copenhague : capitale du Danemark, un des trois États de la froide Scandinavie, patrie supposée d’un des industriels les plus célèbres de la planète, le fameux Père Noël. Qui livre scrupuleusement en jouets les milliards d’enfants de la planète en décembre. Avec pourtant un bilan carbone impeccable, immaculé comme la neige.

Copenhague, capitale du Danemark, où s’est ouverte le 7 décembre dernier la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. 193 pays se sont réunis, afin de trouver un accord écologique mondial. But déclaré, limiter la casse en matière d’environnement, ce qui impliquait notamment de chiffrer les objectifs de réduction d’émission de CO2, de chiffrer l’objectif de limitation de la température mondiale, enfin de chiffrer des financements d’aide aux pays en voie de développement, pour faciliter leur adaptation à une croissance verte. Pour ce faire, il était bien sûr nécessaire d’établir un calendrier des mesures, et de créer un organisme international indépendant, destiné à contrôler l’application de l’accord.

Résultat de la conférence, douze jours plus tard, après un conseil préliminaire des premiers de la classe en Suisse, un sitting africain, une démission danoise, une absence italienne remarquée pour cause de travaux dentaires (mais dûment excusée), une entrée en scène de star à l’américaine (comment se faire désirer), un show à la française , un climat citadin qui vire à aux échauffourées écologistes, un réchauffement neurologique international sous les plafonds du Bella Center, au final donc, une conclusion à la chinoise. Argument surnuméraire oblige.

Un texte rédigé en panique, pas d’objectifs chiffrés ou si peu (limiter à 2 % l’augmentation de la température planétaire), pas de création d’organe de contrôle. Partant les participants tremblent à l’idée d’avoir à rendre éventuellement des comptes fin 2010 lors de la prochaine conférence climatique, sur leurs objectifs, entièrement libres, de réduction d’émission de CO2.

Compulsons nos fiches. Aurions-nous pu prévoir le désastre des négociations ? Déjà Shakespeare nous avait mis la puce à l’oreille, le Danemark ça sent pas la rose ! Hamlet, le prince le plus tourmenté de l’histoire du théâtre, n’était pas très satisfait de la structure étatique dont il héritait. Pensez-donc, des crânes qui trainent partout, des fantômes à tous les coins de rue, une mère reine aux mœurs un peu légères… Bref un royaume pour le moins pourri (There’s something rotten in this kingdom). Et oui ! dans la toundra danoise Hamlet s’interrogeait déjà sur un concept d’actualité, celui de readiness, en d’autres termes, le savoir être prêt. L’histoire dramaturgique a retenu la célèbre maxime shakespearienne "Être ou ne pas être", alors que la vraie leçon d’Hamlet, qui peut se traduire par Quand il faut y aller, faut y aller, aurait dû figurer au fronton du Bella center. Les participants les plus fortunés (ou les plus pollueurs c’est la même chose) de la Conférence de Copenhague auraient pu entamer le débat, pénétrés de l’urgence de l’action écologique.

Or, bilan de Copenhague, avec 45 000 personnes accréditées, un effet de serre politique propre à décourager toute réitération de conférence climatique, un bilan carbone auquel on n’ose songer entre les allées et venues par avion des différents participants, l’accueil, le chauffage des locaux sous le froid danois (d’ailleurs pourquoi organiser un sommet écologique en plein hiver scandinave ou en plein été mexicain), la nourriture et le couchage des chefs d’État, des ministres, des journalistes, des gardes du corps et des manifestants … un texte vague, toute la force de la procrastination politique : quand on peut ne pas s’engager, faut pas hésiter !

Encore une fois on pense à Hamlet. L’État du Tuvalu dans le Pacifique disparaîtra purement et simplement de la surface de la Terre si les pronostics écologistes s’avèrent fondés. Être ou ne pas être, that is the question.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les sites suivants : www.Lemonde.fr et www.Lexpansion.com

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