Actualité : Économie de proximité
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Le commerce et la cité : la nouvelle odyssée 18-01-2010 | Mise à jour: 15:53 Que fait Ulysse avant de retrouver sa Pénélope ? En Languedoc-Roussillon il fait un crochet à Odysseum, le dernier centre commercial de Montpellier. Avec 150 000 m2 de surface à ciel ouvert, et plus de 90 enseignes, le géant installé entre la ville et la mer, a pour vocation de servir au citadin en mal d’aventure du shopping grand large.
Odysseum ouvert depuis le 24 septembre 2009, est le premier « complexe ludico-commercial » (le terme est celui du site) français. Une sorte de deux-en-un indispensable au consommateur moderne, qui lui permet de rentabiliser le temps perdu à faire les courses en s’aérant les neurones (pas trop quand même). De quoi s’agit-il ? D’une agglomération de presque cent enseignes dont un hypermarché, située dans une zone extra-urbaine dédiée aux loisirs, comprenant un cinéma, une patinoire, un aquarium et un planétarium. Le complexe a bien été pensé comme une nouvelle ville aussi en termes d’architecture, puisqu’il offre à la clientèle un parcours commercial en prise direct avec le Mistral, agrémenté de palmiers et de vues imprenables sur les axes routiers qui conduisent aux plages. De la mode à l’alimentaire en passant par la restauration, une centaine de boutiques pourvoit à l’odyssée shopping du consommateur.
Une ville décidément idéale, reliée à Montpellier par un tramway. Dont les voitures sont bannies puisque parquées sur une zone de 2000 places aménagée à cet effet. Une ville proposant des points de collecte des piles usagées et de compactage des canettes. Une ville qui affiche son respect de l’environnement grâce à un partenariat inédit avec le fournisseur national d’énergie. Enfin une ville dans laquelle les hôtesses distribuent généreusement fauteuils roulants, parapluies et poussettes.
Cependant les nouveaux citoyens de cette cité paradisiaque sont parfois rappelés à la dure réalité. Odysseum n’ouvre pas tous les dimanches. La musique, les lumières, les gardiens comme le constate le Midi libre sont à certaines dates dominicales tout ce qui subsiste du mirage de la ville. Les consommateurs se heurtent aux limites du concept. Le commerce, c’est de l’emploi, mais ce n’est pas la cité, surtout lorsque la vraie cité n’est pas loin, bien développée autour d’un centre historique de toute beauté et qui plus est, déjà doté d’un tissu commercial dense.
Le commerce a une fonction sociale. Sans magasins où se croiser, sans commerçants, sans cafés où se réunir, la ville est morte. Sans acteurs commerciaux en nombre suffisant, aucune commune ne peut prétendre au dynamisme économique ou à un taux d’emploi décent. D’où l’invention et l’implantation, à partir des années 60, de centres commerciaux dans les no man’s land ingrats. Ou l’éclosion tout d’un bloc de galeries marchandes à plusieurs étages dans les villes nouvelles. On songe à Cergy –Pontoise, dont le centre commercial situé à la sortie du RER, semble faire partie intégrante de la ville.
Mais est-ce qu’un complexe comme Odysseum est viable, si proche d’une cité où la politique urbaine d’aménagement a depuis longtemps fait des rues de Montpellier un paradis pour le piéton et le promeneur en mal de shopping comme de nourritures artistiques. Certains vendeurs et gérants d’enseigne d’Odysseum semblent avoir quelques inquiétudes quant à la fréquentation des lieux. D’un autre côté, les commerçants de Montpellier intra-muros protestent contre le système de gratuité partiel du parking qui offre les deux premières heures de stationnement aux visiteurs motorisés. Pour le coup les propriétaires de commerces du centre de Montpellier sont désavantagés.
Odysseum n’a pas encore quatre mois d’existence. Les modes de fréquentation du centre ludico-commercial sont encore à observer au cours des mois prochains, notamment de la saison touristique, période de migration du touriste vers la mer. On retient toutefois que le concept de shopping à thème méditerranéen ne tient pas totalement ses promesses, car sur la centaine d’enseignes présentes dans Odysseum, la quasi moitié a une raison sociale familière à tous les consommateurs français, quelle que soit leur région d’origine. De quoi tourner en rond, surtout pour Ulysse.
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